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Le Maroc attrape la fièvre de Facebook et Twitter

Après la vague des blogs, c’est autour de Facebook et Twitter de susciter l’engouement des internautes marocains. Aujourd’hui, sous l’effet de la croissance soutenue d’internet au Royaume avec 840.000 abonnés et neuf millions d’internautes, les utilisateurs élargissent le périmètre de leurs appropriations des nouvelles opportunités offertes par les outils de Web 2.0.

Facebook est utilisé d’une manière intense aussi bien par les jeunes pour poster leurs photos et communiquer avec leurs amis que par des cyber-militants. “Ce réseau est devenu un vecteur de mobilisation électronique pour les cyberactivistes pour défendre la liberté d’expression online et des médias au Maroc”, analyse Sami Bengharbia directeur à Global Voices Advocacy.

D’ailleurs, le premier prisonnier de Facebook au monde n’est autre que le jeune Fouad Mourtada qui a créé en 2008 un faux profil du frère du roi. Une initiative qui a entraîné son emprisonnement et la mobilisation des internautes pour sa libéralisation. L’affaire qui a suscité une forte mobilisation mondiale s’est dénouée suite à une grâce du souverain.

Outil privilégié d’adolescents et de cyberactivistes, Facebook intéresse les représentations diplomatiques au Maroc surtout que le réseau “Morocco”, compte aujourd’hui plus de 126.500 membres. Deux cas à citer pour démontrer le début de l’appropriation institutionnelle des réseaux sociaux. Il s’agit de la délégation de l’Union Européenne à Rabat qui utilise d’une manière intense Facebook pour communiquer à travers une page dédiée avec les médias et les professionnels. Cette page fournit régulièrement des nouveautés sur l’U.E surtout depuis la signature en 2008 de l’accord du statut avancé au profit du Maroc.

Second cas qui prouve la consolidation de la tendance de la diplomatique numérique au Royaume, les pages respectifs de l’Ambassade américaine et l’Agence de développement USAID au Maroc sur Facebook. “L’objectif de cette présence numérique sur le réseau social est de tenir les membres de Facebook des news et des activités de l’Ambassade au Maroc”, souligne Ghassane Hajji, responsable Social Media à l’Ambassade américaine à Rabat.

A une moindre échelle, Twitter, le site de référence de micro-blogging avec 140 caractères, commence à susciter l’engouement des internautes. Cet outil de micro-blogging de réseaux sociaux permet à ses utilisateurs d’envoyer des messages (tweets) a une liste d’amis. Il est accessible à partir d’ordinateur ou/et de téléphone portable pour informer facilement une liste de personne des actions du moment.”Actuellement, la communauté marocaine, baptisée Twittoma, est très élitiste. C’est encore un phénomène embryonnaire”, précise Siham El Moudden, l’une des membres actifs de la communauté de micro-blogging au pays.

Néanmoins, la Twittoma comprend Ahmed Reda Chami, le ministre en charge de l’Industrie et des technologies de l’information qui a commencé récemment à poster ses tweets sur ses chantiers relatifs à l’adoption de la loi sur la protection des données personnelles et sa stratégie et la généralisation du haut débit.

D’autres icônes politiques, n’ont pas hésité de franchir le pas. C’est le cas du parlementaire Khalid El Hariry. “Le recours à Twitter est un prolongement des posts détaillés que je publie sur mon blog. C’est aussi un moyen efficace pour alerter les internautes sur des événements et qui risquent de passer inaperçus”, explique le cyber-parlementaire El Hariry.

Twitter n’est pas seulement l’apanage des hommes politiques. Les jeunes branchés y recourent d’une manière intense pour communiquer sur les nouveautés technologiques et les nouvelles tendances du Web. Pour avoir une idée sur la dynamique de la Twittoma, il suffit de taper le mot clé “Morocco” sur le moteur de recherche http://search.twitter.com et visiter les fils de top 100 utilisateurs au Maroc en ligne http://minyurl.net/twitt_maroc.

Rachid Jankari

Une version en anglais et en arabe de cet article est disponible sur le site de Magharebia.

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